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Scène mémorable, action incroyable.. voici 5 anecdotes racontées par des passionnés de chasse à la bécasse

Il y a, dans la vie d'un chasseur, et qui plus est dans la vie d'un chasseur de bécasse, des moments incroyables vécus. 5 de ces passionnés nous racontent ici une de ces scènes que l'on grave à jamais dans nos têtes.

Chasse de la bécasse : 5 anecdotes vécues incroyables

La bécasse captive. Elle inspire au chasseur, et à son chien, une passion exclusive. Car oui, la chasse de la belle exige une entente et un accord indéniable entre le maitre et son compagnon. D'ailleurs, bon nombre de passionnés vivent des moments et des scènes incroyables lorsqu'ils partent en forêt et en sous-bois en quête de la mordorée.. des instants gravés à jamais, qu'Alexandre, Jean-Baptiste, Nicolas, Jérôme et William nous racontent ici à travers 5 anecdotes mémorables.

Alexandre Flandrin et son chien à la chasse de la bécasse

Jeunesse et expérience : un combo gagnant pour Alexandre

"Un matin de novembre, ma sortie dominicale a une saveur très particulière puisque je décide de joindre à ma jeune setter lemon (Maya), son père (Elliot), allias mon gros, avec qui j'ai débuté la chasse à la bécasse et tout appris sur la belle, il y a bientôt 11 ans. C'est donc parti pour une petite sortie de 1h30 à 2h00 car j'ai bien conscience qu'il faut ménager mon expérimenté setter, qui n'est plus un jeune premier ! Nous voilà donc arrivés sur un secteur proche de la maison, qu'Elliot connaît très bien. Nous avions déjà eu la chance d'y trouver régulièrement des oiseaux lorsqu'il accompagnait chacune de mes chasses il y a encore 2 ans.

Le temps est pourri, il pleut des trombes d'eau, mais rien n'y fait : nous sommes tous les 3 très motivés à l'idée de pouvoir partager ensemble cette sortie. Vers 8h30, nous attaquons une première parcelle de pins. À peine 5 minutes plus tard, Maya se fige, Elliot la rejoint et s'immobilise aussi à quelques mètres de sa fille. À ce moment-là, je sais que la belle est présente car mon gros ne patronne pas et se trompe rarement sur un arrêt. Le palpitant monte. J'aimerais tellement pouvoir servir Elliot au moins une fois encore ! Brusquement, la belle gicle entre mes deux setters, et sur un coup d'épaule instinctif, la mordorée bascule. En quelques dixièmes de secondes, un sentiment de joie intense m'envahit car je sais que ces moments sont précieux. Une dernière bécasse prélevée avec mon setter, je ne pouvais rêver mieux. Je retrouve enfin cette complicité avec lui, que j'avais un peu oublié ces deux dernières saisons. Merci Elliot. Merci Maya. D'ailleurs, l'émotion fut si forte que je n'ai pas pu retenir une larme à cet instant.. une larme de bonheur et de tristesse à la fois. Oui, mon gros, à presque 12 ans, n'avait rien perdu de son talent de chien bécassier. C'est grâce à lui que cette passion dévorante pour la mordorée est née en moi et me pousse encore à parcourir les bois à la recherche de la belle. Merci pour tout mon ami, mon partenaire, mon gros Elliot".

Tout droit pour la bécasse de Jean-Baptiste

"Il est des journées à part dans la vie du bécassier, comme ces petits matins où le ciel bleu se teinte d'un bleu plus sombre, celui des palombes. Ces matins rafraîchissants, où la rosée recouvre l'herbe, où l'air est pur, alors que la légère brise de Nord-Est nous inspire de belles rencontres. Nous sommes un matin de début novembre, et, dans le ciel, le bruit du battement des ailes des palombes lié au chant incessant des grues fait frémir tous les passionnés que nous sommes. Mais aujourd'hui, le regard sera figé vers le sol, ou plutôt rivé vers mes deux petites korthals Loxa et Naizu. Clochette autour du cou et collier fluo, nous partons à la recherche de la dame, la sorcière des bois, la mordorée ! Madame bécasse.

Le Korthal de Jean-Baptiste chassant la bécasse

Oui, cet oiseau mythique fait tourner les têtes, et en premier lieu la mienne. Dans ce coin des Landes où se mêlent pins, fougères, hêtres, chênes et châtaigners, mon cœur et mon esprit vont vers elle. Cette chasse fabuleuse, cette conquête que l'expérience ne fait pas rendre plus aisée, nous y allons chaque année. Certes, avec conviction, mais toujours dans le doute car la bécasse ne s'offre pas facilement. Alors, d'un pas décidé pour le chasseur que je suis, et dans la quête folle pour mes deux petites, les cloches raisonnent dans ces pentes du Sud des Landes, à la frontière des Pyrénées que l'on aperçoit en fond.

Quelle douce mélodie ! Une mélodie qui ne s'apprécie, dans ce cas précis, encore plus que lorsqu'elle s'arrête. Après une demi-heure de marche à bon rythme, les cloches se taisent d'un coup sec, sans prévenir ! C'est à ce moment précis que mon cœur s'emballe ! Un arrêt ! Les chiennes sont sur une piste ! La recherche de mes belles commence, et il ne faudra pas longtemps pour que j'aperçoive les deux korthals figées comme des statues après une course effrénée. L'une derrière l'autre, la concentration est là. Et je descends vers elles, enjambant les fougères roussies par l'automne. D'un pas léger malgré tout, je les préviens de mon arrivée pour éviter tout faux départ. À mon passage, Naizu a droit à une caresse, puis je me dirige vers Loxa, bloquée deux mètres devant.

Elle se tient là comme un bâton, comme une branche qui serait tombée après un dernier coup de vent d'Ouest un peu plus tôt dans la saison. J'ai confiance en elle et cherche à détecter la présence de l'oiseau sur le sol. Rien n'y fait, le mimétisme avec la végétation est parfait. Une petite poussée à l'arrière de la tête de Loxa déclenche un coulé... J'en profite aussi pour faire remonter Naizu, plus prompte à avancer. Pour autant, arrivée au niveau de Loxa, elle se fige et ne bouge plus. Je passe alors devant. Un pas, suivi d'un autre.. Et, sans prévenir, un fracassant bruit s'élève des fougères ! La bécasse s'extrait à toute vitesse. Dans un basculement improbable, elle me force presque à baisser la tête ! Car oui, la mordorée me fonce littéralement dessus et ne tente aucune courbette pour m'éviter ! Cette sorcière des bois tente l'impossible et s'échappe de la plus belle des manières ! Quelle image, quelle scène, quelle sensation ! Une fois de plus, la bécasse aura répondu à toutes mes attentes, à toutes nos attentes, chasseurs passionnés que nous sommes. Un vrai gibier sauvage, capable d'exploits, de prouesses et non dénué de courage. Merci pour cette expérience, merci pour ce moment ! À bientôt très chère, quelque part dans les fougères".

Nicolas et son jeune chien

Première bécasse pour la jeune chienne de Nicolas

"Par une belle après-midi du mois de Novembre 2016, avec ma jeune setter tricolore Luna (tout juste 1 an à cette date), nous voilà sur le chemin pour explorer un coin de bois totalement inconnu de mes remises. Pour autant, j'ai quand même une idée en tête : que ma chienne prenne l'émanation d'une bécasse sur ce terrain propice à l'exploration. Je le sens bien. Il fait beau, l'air est frais, et les anciens du village m’avaient prévenu quelques temps auparavant que le coin était bon à bécasse !

Une fois sur zone, et après 1h de recherche active avec ma jeune chienne, je tombe nez à nez avec un joli miroir tout frais. L'espoir d'une belle rencontre m'envahit alors, et je fais au mieux pour le faire ressentir à Luna. Je l'encourage, et celle-ci comprend vite que la belle n'est pas loin. Je marche à pas décidé derrière elle, guidé par le son de sa clochette. Puis, au détour d’un petit genêt, je vois ma setter totalement figée. Un arrêt toutefois pas vraiment digne des grands standards, mais passons. Je me mets en place, à une distance raisonnable de ma chienne. Je la rassure, je lui parle, quand tout à coup la belle nous fait un cadeau inimaginable ! Elle monte en chandelle en un éclair, cherchant à profiter des branches des arbres alentours pour mieux s'éclipser, mais, d'instinct, je lève mon fusil à l'épaule. Le fracas de la détonation se fait entendre, puis je vois la bécasse qui vacille. Ma chienne fonce alors la chercher au sol, puis revient avec fièrement quelques instants plus tard. Je ne peux que la féliciter. Je bague ensuite comme il se doit cette belle bécasse, tout en immortalisant la scène dans mon esprit. La première de Luna, par une après-midi de novembre".

Bécasses ou cèpes, un choix cornélien pour Jérôme

"C’était un 1er novembre, une légère brume matinale avait recouvert la surface des terres bretonnes, pour laisser ensuite place progressivement au soleil. Vu les conditions, la décision d’aller faire un tour à la bécasse est vite prise. Iony, mon épagneul breton, est au taquet et tourne déjà en rond dans la maison. Vers 9h, nous sommes sur mon territoire. Je décide pour autant de ne sortir que 2h tout au plus, et je me convaincs d'attaquer par un bois qui borde un marais. 90 minutes plus tard, je marche toujours frénétiquement derrière mon chien, mais toujours rien. Pas un arrêt. Les bécasses auraient-elles eu envie de me jouer un mauvais tour aujourd'hui ? Je commence à me poser des questions.

Jérôme et ses cèpes trouvés lors d'une sortie à la chasse de la bécasse

Bien que cela fasse déjà 1h30 que nous avons entamé cette sortie de chasse à la bécasse, mon épagneul reste toujours aussi motivé. Pour ma part, je commence à désespérer d’apercevoir la belle rousse ce jour. Il ne nous reste en plus qu'un petit carré à inspecter, au milieu duquel coule un mince ruisseau. Et là, d'un coup : arrêt ! Je le rejoins à la hâte. Iony est bien à l'arrêt le long du ruisseau, immobile, le regard verrouillé sous un houx à quelques pas de moi. J’attends l’envol de l’oiseau, mais rien, aucun battement d’aile. Iony commence à couler jusqu’au pied de l’arbuste où se trouvait l’oiseau. Mais ce dernier ne nous a visiblement pas attendu. Dommage, où est-il parti ?

Nous poursuivons la quête et arrivons maintenant à l’extrémité du bois. Et là, devant moi, entre la bordure et le ruisseau, surprise : des cèpes à ne plus savoir quoi en faire. Je décide alors de cueillir les plus jolis spécimens, mais les poches de ma veste sont bien vite pleines. L'épagneul me regarde avec un air dépité. À ses yeux, je vois qu'il comprend que la partie de chasse est terminée, et que nous allons bientôt rentrer. Mais ça, c’était sans compter son caractère ! Monsieur décide de continuer la quête. Tout en rentrant à la voiture, je le suis, mon fusil sur l’avant-bras, ouvert et déchargé, avec de beaux cèpes dans les mains. Et ce qui devait arriver arrive : Iony est à l'arrêt, une nouvelle fois juste à une dizaine de mètres devant moi. À peine ai-je le temps de me poser la question de savoir où je vais laisser ma belle trouvaille de champignons, que la bécasse décolle devant nous tout en se dirigeant vers des saules et d'autres petit arbres. Zig, zag, zig, voilà notre belle mordorée qui nous offre un magnifique slalom pour finir par monter au-dessus de la cime des arbres, en prenant un virage pour repasser au dessus de nos têtes afin de nous saluer une dernière fois. J'ai toujours les cèpes dans les mains, mais je suis heureux d’avoir pu assister à ce spectacle. Mon épagneul breton, lui, me jette un regard qui en dit long. Bécasses ou cèpes, il faudra choisir la prochaine fois".

William à l'arrière de son C15 pour aller à la bécasse

Une bécasse, un train, et une scène surréaliste pour William

Tout commence par un matin de décembre, il y a une quinzaine d'années. Il avait gelé, et le temps était idéal pour aller chercher la bécasse avec mon jeune pointer. Une fois franchi le pas de la porte, je décide d'aller battre un coin où j'allais minot avec mon père. Je charge alors le chien, surexcité, dans le C15, et me voilà en route.

Arriver au pit (coin), je le sens bien. Me voilà marchant au milieu de pins, de fougères et de petits chênes. Autant dire, un biotope parfait pour notre mordorée. Cet endroit a la particularité d'être au bord d'une voie ferrée. Voilà déjà près d'une heure que je suis le chien, mais je profite au maximum du calme ambiant, entrecoupé c'est vrai par le raisonnement de la clochette de mon compagnon de chasse. Au bout de quelques minutes, un silence assourdissant m'interpelle. Je cherche mon pointer, et je le retrouve planté comme un piquet. Vu son attitude, je me doute que la belle est là, devant le nez de mon compagnon. Hélas, la proximité de la voie ferrée m'inquiète, d'autant que j'entends un train arrivé au loin. La tension est à son paroxysme. Sans crier gare, la bécasse décolle, et je lâche un joli coup de fusil à l'opposé de la voie ferrée. La sorcière des bois bascule, tombe au sol, et je m'empresse de féliciter mon auxiliaire qui est déjà parti sur sa piste. Le train, lui, commence à passer à notre hauteur.

Le chien cherche la belle. Arrivé sur la zone de chute, surprise : je ne sais pas trop comment, mais dans un dernier élan la belle donne courageusement un dernier coup d'ailes pour se renvoler. Et je vous le donne en mille, elle vient s'écrouler sur le toit de la dernière partie du train qui ne nous avait pas encore totalement dépassé. Je reste alors comme ça, stupéfait, quelques instants. Je n'en crois pas mes yeux. Mais je reviens vite à la réalité, m'interroge, et me persuade que je sais où le train se rend. Je fonce alors à la voiture en prenant mon pointer sous le bras, et le fusil cassé sur l'épaule opposée. Ni une ni deux, je prends la direction de la gare avec l'espoir de retrouver la belle. Par chance, le train est encore à quai. Je cherche alors de wagons en wagons, et je crois l'apercevoir là, sur le toit de la voiture n°8. Mais c'est à cet instant que le contrôleur m'interpelle.. et me réveille. Quel rêve !

Et vous, est-ce que vous avez aussi vécu d'incroyables moments lors de vos parties de chasse à la bécasse ? Vous aimeriez nous raconter ? N'hésitez pas, l'espace commentaire est fait pour ça.