La chasse : jargon et expressions populaires

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Jargon de la chasse Solognac

Le lexique et les expressions de la chasse n’ont peut-être pas de secret pour vous, mais qu’en est-il pour les moins initiés ? La chasse est un monde qui s’illustre par le biais de nombreux mots et expressions populaires, pouvant différer selon les régions. Nous vous en avons fait une petite sélection à l'occasion de l'ouverture de la chasse au petit gibier, pour être à même de briller en société...

 

#1 TECHNIQUES DE CHASSE

Chasser en chaudron : c’est une battue à pied effectuée en cercles concentriques de façon à faire partir ou envoler le gibier dans le dos des chasseurs qui les pressent. Une chasse au petit gibier sédentaire, souvent utilisée pour lever lièvres et perdrix

Chasser au cul levé : la chasse au cul levé s’effectue sans chien. Tirer au cul levé, c’est faire feu sur une pièce de petit gibier lors de son envol ou lors des premiers mètres de sa fuite. Le but étant de le tirer rapidement pour qu’il demeure à portée de tir.

La billebaude : chasser tout en se promenant, fouler une place sans y avoir précédemment détourné aucun animal. C’est la chasse qui consiste à descendre les haies tranquillement en quête d’une rencontre fructueuse avec un oiseau pas assez méfiant par exemple. Elle se pratique le plus souvent seul ou à deux, à l'aide d'un chien d'une manière générale. 

Chasser à la botte : cette chasse consiste à prospecter certaines zones humides en essayant de surprendre et d’approcher le gibier d’eau. On chasse donc devant soi comme on le ferait en plaine, même si cela peut s’avérer très éprouvant du fait de la difficulté de déplacement dans un tel milieu. Une bonne connaissance du terrain s’impose vite pour l’apprécier!

Chasser devant soi : c’est le mode de chasse le plus courant avec la battue au grand gibier. Chasse de plaine par excellence, ce mode de chasse consiste à parcourir des parcelles entières en milieu ouvert en formant une ligne et bien épaulé par des chiens d'arrêt ou simples "leveurs de gibiers" tels que le springer ou le cocker. Une chasse dynamique et conviviale en somme! 

chasser devant soi

 

#2 LE TIR

Au déboulé : prélever un gibier au déboulé, c'est le tirer lorsqu’il quitte son gîte pour prendre la fuite. En découle l’expression bien connue « faire bouler », qui décrit le fait de faire bouler un lapin, un lièvre ou encore un renard qui se dérobe.

Faire coup double / faire un doublé : c’est le fait, par chance ou par talent, de prélever deux pièces de gibier en un seul coup de fusil… On retrouve souvent ce genre de situation lors de tirs sur des oiseaux en vol groupé.

Le coup du roi : c’est le tir d'un oiseau rentrant, c’est à dire qui s’apprête à survoler le tireur et qui, une fois touché, tombe littéralement à ses pieds.

Faire un édredon : se dit d’un tireur qui, malencontreusement, a tiré à courte distance sur un oiseau le décrochant du ciel comme on perce un édredon… Dans une nuée de plumes!

 

#3 LE petit GIBIER À PLUMES

Crouler : si le verbe crouler est souvent utilisé aujourd’hui pour décrire une situation peu avantageuse où l’on croulerait sous le travail ou encore sous les dettes, le croule, lui, est le nom du cri des bécasses qui se poursuivent au crépuscule, à l'époque des amours.

Bourre : non, cette fois-ci rien à voir avec nos cartouches ni avec les différentes bourres qui les composent. C’est tout simplement l’appel d’un canard mâle à destination d’une femelle.

Etre branché : Si l’expression est couramment utilisée pour décrire familièrement un certain style dans l’air du temps, une certaine idée en vogue de l’élégance, on dit d’un oiseau qu’il est branché lorsque ce dernier se pose sur une branche d’arbre. Même si l’on est perché soi-même de temps à autre, cette logique semble accessible à tous, n’est-ce pas?

Piéter : verbe qui décrit la ruse des oiseaux qui préfèrent vider l’enceinte chassée en courant discrètement sur leurs pattes plutôt que de s’exposer au tir en s’envolant.

 

#4 LE PETIT GIBIER À POIL

Un capucin : un terme familier employé pour désigner le lièvre, dont les longues oreilles, lorsqu'elles sont couchées en arrière de la tête, forment un capuchon.

Un bouquin :  il n’est en aucun cas question de verve, de reliure ni même de bibliothèque. Il s’agit en fait du nom donné au lièvre ou au lapin mâle en âge de se reproduire.

Les crochets : ce mot nous ramène toujours à penser au rugby et aux prouesses des lignes arrières du quinze de France et c’est sur le même principe que ce terme est utilisé lors de la chasse. Il qualifie le plus souvent les zigzags que fait le gibier en fuyant. Parfois, il décrit aussi les deux canines de la mâchoire supérieure du cerf.

Etre au gîte / être gité : on dit d’un lièvre qu’il est au gîte lorsque l’on rencontre celui-ci en plaine, camouflé à même le sol. Le terme de gîte n’est pas utilisé parce que le lièvre se restaure ou qu’il dort, mais plutôt pour décrire sa faculté à se fondre dans son habitat.

lapin au gîte

 

#5 LES EXPRESSIONS

Faire buisson creux : expression employée lorsqu’aucun gibier n’a été levé dans une enceinte que l’on a terminé de prospecter. Situation on ne peut plus courante en action de chasse au petit gibier, il convient toutefois de se placer dans les meilleures conditions possibles pour ne pas toujours renouveler l’expérience… Et ainsi éviter la bredouille autant que faire se peut!

Prendre son pied : même si l’expression sonne proche, prendre son pied à la chasse signifie une toute autre chose que le fait de faire le pied. Si on l’utilise au quotidien pour décrire une sensation de bien-être intense, dans le contexte de la chasse elle décrit la fin d’une partie de chasse au cours de laquelle le chasseur coupait le pied de l’animal abattu et offrait ce trophée à l’un de ses congénères. Une récompense enviée qui procurait une intense fierté à celui qui «prenait le pied ».

Un froid de canard : la chasse aux canards sauvages est ouverte dès le mois d’août, certes, mais redouble d’intérêt en automne et/ou en hiver, au moment où le vent frais se lève et où la neige se fait sentir. Parler d’un froid de canard faisait donc, à l’origine, référence à la période propice à la chasse aux canards. Pour ceux qui ont connu pareilles chasses, quoi de plus normal que de qualifier les périodes de grand froid ainsi?

 

Et vous ? Connaissez-vous des expressions issues de la chasse ? Peut-être en avez-vous des « bien de chez vous ». Partagez-les nous !

 

 

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